Intervention de Clément Saint Olive (Alenvi) sur l’entreprise libérée


Dans le cadre de sa journée de formation interne du 29 mars 2018, Pagamon a eu la chance et le plaisir d’accueillir Clément Saint Olive, co-fondateur de la société Alenvi pour une intervention sur le thème de l’entreprise libérée, appliquée au cas particulier d’Alenvi.

L’intervenant : Clément Saint Olive

Originaire du Nord, près de Lille, Clément Saint Olive a été formé à HEC (2005) et a passé 3 ans chez Sodexo, puis 6 ans dans la filiale de conciergerie Circles en France, puis au UK, puis à la direction Europe ; en 2016, il s’est lancé  dans l’aventure entrepreneuriale Alenvi avec 2 camarades de promotion,  Thibault de Saint Blancard et  Guillaume Desnoes.

La société : Alenvi

Alenvi est une entreprise de services d’aide à domicile, qui a choisi délibérément de placer l’humain au cœur de son dispositif.  Elle met en relation des auxiliaires de vie – rebaptisées auxiliaires d’Envie –  et des personnes âgées – bien souvent leurs familles – nécessitant un accompagnement ou une aide à domicile ; cuisine, toilette, compagnie, … l’accompagnement va de quelques heures  par semaine à une assistance 24h/24 pour des personnes très dépendantes ou des malades d’Alzheimer.  Elle permet ainsi un maintien à domicile et donc une alternative douce à un transfert en maison de retraite.

Le Concept en rupture : l’entreprise libérée

Alenvi a été construite sur les principes de l’entreprise libérée : l’auto-détermination et l’auto-organisation, pour renouer avec la motivation des salariés et permettre la création de valeur. Dans ce contexte, il faut partir du principe que c’est celui qui « fait » qui « sait » avec une réelle volonté de remettre l’humain au cœur de l’organisation. Ce type d’entreprises se donne le droit de renouer avec l’apprentissage par l’erreur et le manager devient un coach au service des équipes.

Quelques-uns des principes de fonctionnement clé d’une entreprise libérée :

  • Donner accès à un cadre de travail valorisant pour les communautés autonomes d’auxiliaires d’envie
  • Prolonger le développement organique
  • Garantir un accompagnement humain et stimulant pour les personnes âgées
  • Considérer la communauté comme un écrin qui favorise le développement professionnel et humain de l’auxiliaire
    • 100% des recrutements et intégrations sont réalisés entre pairs
    • 90% des remplacements sont gérés par la communauté
  • Utiliser la technologie (assistant virtuel mobile Pigi développé en interne) qui donne le pouvoir aux auxiliaires et réduit les coûts administratifs

Selon l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail), les ingrédients principaux de l’entreprise libérée sont :

  • la capacité d’écoute des dirigeants
  • la liberté des salariés, moteur de motivation et de créativité
  • des valeurs communes et une adhésion de tous à la culture de l’entreprise
  • la disparition de la hiérarchie pyramidale et du contrôle
  • la disparition des symboles de privilèges
  • la disparition des horaires imposés
  • le principe de subsidiarité : les salariés sont légitimes à prendre des décisions sur ce qui les concernent
  • des salariés soucieux du client, de leur entreprise et solidaires de leurs collègues

En France, le mouvement est portée par Isaac Getz; les exemples d’entreprises libérées se multiplient, en s’appuyant sur des cas déjà existants comme Gore (inventeur de Gore-Tex aux USA), de FAVI (équipementier automobile en Picardie) ou encore chez Poult (biscuiterie à Montauban).

Pour autant, c’est une entreprise néerlandaise Buurtzorg, qui a fortement inspirée les co-fondateurs d’Alenvi. Cette société, fondée en 2007 par Jos de Blok, avec une équipe de 4 infirmières et  dont le nom peut se traduire en français par  « soins de quartier », a créé un nouveau modèle pour les soins infirmiers à domicile aux Pays-Bas, basé sur l’entreprise libérée. Aujourd’hui la société anime 15000 auxiliaires de vie pour un chiffre d’affaires dépassant les 300 millions d’euros. Une étude menée par KPMG en 2010 a conclu que Buurtzorg permettait de diminuer de 40% la dépense d’aide et de soins par personne accompagnée. En 2011 et 2012, Buurtzorg a été élu « meilleur employeur de l’année » aux Pays-Bas. Enfin, la société est classée n°1 dans les études de satisfaction clients parmi plus de 300 organisations de soins.

Pour aller plus loin :

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